Archives pour la catégorie Léon Brunschvicg

Kant est ouaciste aussi, comme Einstein

http://www.willeime.com/noire-kant.htm

« Les Nègres d’Afrique n’ont reçu de la nature aucun sentiment qui s’élève au-dessus de la niaiserie (…) Les Noirs (…) sont si bavards qu’il faut les séparer et les disperser à coups de bâton ».
Kant, Observations sur le sentiment du beau et du sublime
« Les gens de Palestine qui vivent parmi nous se sont fait depuis leur exil, la plupart d’entre eux du moins, par leur inclinaison à l’usure, une réputation de trompeurs qui n’est que trop méritée. »

http://www.fdesouche.com/1023905-les-commentaires-racistes-et-xenophobes-dalbert-einstein

« Les journaux d’Einstein documentent ses cinq mois et demi de voyage en Chine, à Singapour, Hong Kong, au Japon et en Espagne entre 1922 et 1923. C’est la première fois que ces écrits sont mis à disposition du grand public. Le scientifique parle de science, de philosophie, d’art et de ses rencontres: « Les Chinois sont des personnes industrieuses, sales et obtuses. Ils ne s’assoient pas sur les bancs pour manger, ils s’accroupissent comme les Européens qui se soulagent dans les bois. Tout ça se passe dans le silence et la pudeur. Même les enfants sont sans âmes et obtus », lit-on dans un des extraits de ses carnets de voyage. »

https://democratieparticipative.biz/linestimable-valeur-de-la-cargaison-de-laquarius-doit-venir-en-france-video/

Albert Einstein, héros de la pensée, symbole de la quête de la Sagesse

Ce lien , basé sur des faits réels, ne remet pas en cause ma profonde admiration pour Einstein:

http://www., .com/1023905-les-commentaires-racistes-et-xenophobes-dalbert-einstein

Plus que de l’admiration : Einstein est pour moi, plutôt que Thales, Platon ou Spinoza, le symbole même de la recherche, à travers la physique, de cette nouvelle pensée qui est appelée par moi Amoour-Agapé:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/06/12/lamour-agape-est-une-pensee/

Cette animosité contre lui est analysée dans le livre « Einstein : un siècle contre lui «:

https://www.lajauneetlarouge.com/article/einstein-un-siecle-contre-lui#.WyIa84q-ihA

  et rattachée à l’antisémitisme. Mais elle doit être expliquée à mon avis autrement : Einstein, par sa recherche constante d’une intelligibilité de l’univers (comme Spinoza) est l’être humain qui représente le mieux ce « déplacement dans l’axe de la vie religieuse » qui remplace de Dieu-étant, idolâtrie des masses « religieuses » , par l’unité de l’être et du savoir , l’intelligibilité complète du réel , qui émerge dans la naissance d’une physique mathématique au 17ème siècle

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/quelques-citations-eparses-de-brunschvicg-particulierement-eclairantes-voire-illuminatrices/

« Le fait décisif de l’histoire, ce serait donc, à nos yeux, le déplacement dans l’axe de la vie religieuse au XVIIe siècle, lorsque la physique mathématique, susceptible d’une vérification sans cesse plus scrupuleuse et plus heureuse, a remplacé une physique métaphysique qui était un tissu de dissertations abstraites et chimériques autour des croyances primitives.L’intelligence du spirituel à laquelle la discipline probe et stricte de l’analyse élève la philosophie, ne permet plus, désormais, l’imagination du surnaturel qui soutenait les dogmes formulés à partir d’un réalisme de la matière ou de la vie. L’hypothèse d’une transcendance spirituelle est manifestement contradictoire dans les termes ; le Dieu des êtres raisonnables ne saurait être, quelque part au delà de l’espace terrestre ou visible, quelque chose qui se représente par analogie avec l’artisan humain ou le père de famille. Étranger à toute forme d’extériorité, c’est dans la conscience seulement qu’il se découvre comme la racine des valeurs que toutes les consciences reconnaissent également. « 

Cette quête d’unité intelligible, qui n’est autre que le véritable visage de la science, peut être appelée l’Un, à condition d’être comprise comme radicalement immanente à l’esprit, pas comme « Un séparé », comme dans les mystiques et les religions.

C’est là à mon avis la racine des sentiments contradictoires qu’éveille Einstein dans les consciences humaines : à la fois animosité et admiration craintive confinant à la terreur sacrée

La « fausse paix » entre plan vital et plan spirituel

C’est là le sens de ce passage:

http://saintebible.com/matthew/10-34.htm

« Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. 35Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère;… »

Entre la chair et l’esprit la guerre est totale et inexpiable

https://reclaimourrepublic.wordpress.com/2018/06/11/too-few-pastors-spoke-upits-the-real-reason-were-in-this-mess-today-christianity-into-a-ghetto/

Tout « christianisme charnel » , permettant aux pulsions charnelles de s’exercer, ne serait qu’imposture

Il est vrai que Jésus Christ est homme, mais c’est d’abord une Idée, réalisant l’unité de la nature, mortelle, et de l’internité.

Et Agapé doit supplanter Éros , comme Saint Georges tuant le dragon

C’est là la différence avec l’Islam, serviteur d’Eros et dont le « royaume » est ce monde, le plan vital

https://www.dreuz.info/2017/09/07/essentiel-pourquoi-issa-nest-pas-jesus-par-labbe-arbez/

Recours à l’une des plus grandes philosophes de tous les temps : la nouvelle Hypathie, Simone Weil

J’ai déclaré depuis longtemps que l’opposition gauche – droite est artificielle et propre au plan vital, politique , et doit donc être relativisée. Néanmoins la tendance récente du macronisme, c’est à dire le Mal et le Mensonge, à se dire « ni de droite ni de gauche «  me donne à réfléchir.

Il ne fait aucun doute pour moi qu’un blog comme « Riposte laïque «  Ne ment pas lorsqu’il se dit « de gauche ». Et c’est la raison pour laquelle je soutiens ce site contre les persécutions de la fausse gauche, démoniaque , enlisée dans le marécage du plan vital et impuissante à s’en dégager, n’ayant d’ailleurs aucune volonté en ce sen.

Dans cette optique , une philosophe comme Simone Weil, juive et persécutée à ce titre mais n’hésitant pas à se dire dans une lettre de 1941 à Xavier Vallat « chrétienne, française, nourrie de la tradition grecque » , hostile à Brunschvicg mais donnant toute son importance à la science héritée de Descartes et des grecs, communiste mais diagnostiquant l’imposture du « matérialisme dialectique «  , est une ressource importante plutôt qu’un recours, comme Émile Chartier (Alain) et Brunschvicg d’ailleurs .

Son antijudaisme a été stigmatisé et comparé à un « antisémitisme » ce qui est absurde. Cette femme ayant comparé Moise et ses « lois » à l’Action française de Maurras serait de nos jours condamnée pour islamophobie, et écrirait pour « Riposte laïque » , j’en suis convaincu. On trouve ses œuvres les plus importantes ici :

http://classiques.uqac.ca/classiques/weil_simone/weil_simone.html

Michel Onfray : solstice d’hiver (Alain , Hitler, les juifs et l’occupation)

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/04/05/michel-onfray-solstice-dhiver-alain-hitler-les-juifs-et-loccupation/

Les démons

« Les possédés «  de Dostoievsky :

https://beq.ebooksgratuits.com/vents/Dostoievski-possedes-1.pdf

https://beq.ebooksgratuits.com/vents/Dostoievski-possedes-2.pdf

sont l’une des plus grandes œuvres de la littérature universelle, et commence par un verset au chapitre 8 de l’evangile De Luc:

http://www.apologetique.net/EvangilePere/EvangilePere.aspx?reference=Luc8,26

« 29C’est qu’il ordonnait à l’esprit impur de sortir de cet homme. Bien des fois en effet il s’en était emparé, et on le tenait lié avec des chaînes et des entraves, bien gardé, mais, rompant les liens, il était poussé par le démon dans les lieux déserts. 30Jésus lui demanda :  » Quel est ton nom?  » Il dit :  » Légion,  » car beaucoup de démons étaient entrés en lui. 31Et ils le priaient de ne pas leur enjoindre de s’en aller dans l’abîme. 32Or, il y avait là un assez grand troupeau de porcs qui paissaient sur la montagne; et ils lui firent cette prière : qu’il leur permît d’entrer en eux; et il le leur permit. 33Sortant de l’homme, les démons entrèrent dans les porcs; et le troupeau, prenant sa course, se précipita par les pentes escarpées dans le lac, et s’y noya. 34Ceux qui le gardaient, à la vue de ce qui venait d’arriver, s’enfuirent, et ils racontèrent (la chose) dans la ville et dans la campagne. 35Ils sortirent pour voir ce qui était arrivé : ils vinrent à Jésus et trouvèrent l’homme de qui les démons étaient sortis, assis aux pieds de Jésus, vêtu et dans son bon sens; ils furent saisis de frayeur. 36Ceux qui avaient vu leur racontèrent comment avait été guéri celui qui avait été possédé du démon. 37Et toute la gent du territoire des Gergéséniens lui demanda de s’éloigner d’eux, car ils étaient saisis d’une grande crainte. Et lui monta en barque pour s’en retourner. 38L’homme de qui les démons étaient sortis lui demandait la grâce de rester avec lui, mais il le congédia en disant : 39″ Retourne dans ta maison, et fais le récit de tout ce que Dieu a fait pour toi.  » Et il s’en alla et publia par toute la ville tout ce que Jésus avait fait pour lui. « 

L’épisode est aussi narré par Marc, chapitre 5:

https://bible.catholique.org/evangile-selon-saint-marc/3213-chapitre-5

Bien entendu ces histoires doivent être comprises de manière symbolique : Jésus n’était qu’un homme, pas un thaumaturge, c’est à dire un imposteur ( on appelle ces escrocs « psychiatres » à notre époque) et les démons ne sont que des fables nées chez des peuples primitifs, avant la Science et le cartésianisme

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/03/06/la-ligne-de-partage-des-temps/

Mais justement que symbolise le mot « Légion » ? La multiplicité, l’absence de l’Un qui est l’Idée de Dieu, c’est à dire Dieu:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2017/04/16/scienceinternelle-19-recherches-sur-lidee-de-dieu-qui-est-dieu-∞-categorie-des-∞-categories/

Qu’est ce que le démoniaque ? l’impossibilité d’unifier, c’est à dire de concevoir l’Un, le plan internel des Idées, qui sont de nature mathématique, donc dans l’unité qui est le dernier mot de la mathématique

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/03/12/la-vision-de-lunite-des-mathematiques-de-grothendieck-au-dela-de-celle-de-lautman/

« L’esprit n’a pas à chercher au delà de l’unité , car il est unification »

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/03/30/a-quoi-bon-quelques-pensees-a-cacher-sous-le-tapis/

« « A quoi bon ? » ne mord pas sur l’Un parce que l’esprit humain est unification comme l’explique André Simha dans son « Manifeste pour l’autonomie » :

« Il n’y a aucun progrès, aucune valeur qui ne relève de cette loi suprême : « il n’y a rien à chercher dans l’esprit au delà de l’unité »

C’est le fondement infondé de l’esprit : celui ci n’a pas à chercher la raison de sa volonté d’unité , il est unification. »

Si l’on vit à notre époque, on assiste au spectacle du démoniaque de façon quotidienne et l’on sait qu’il se tapit au fond de toute conscience humaine
Le sens de l’existence humaine c’est l’émigration de la conscience du plan vital (symbolisé dans la Bible par l’esclavage en Egypte ) vers le plan internel-spirituel de l’Idée , de la multiplicité unifiée par la science transcendantale, la mathématique, de l’Un ; est mal tout ce qui empêche cette émigration intérieure de la multiplicité démoniaque vers l’unité qui est Dieu; est bien tout ce qui favorise ce parcours. Quant au « Bien au delà des l’être » c’est le plan internel, c’est l’Un . Le Mal, le démoniaque c’est ce qui rend impossible la compréhension, la vision de l’unité. Et à notre époque, le démoniaque est partout..

Excellente vidéo d’Aldo Sterone : ce que la mort héroïque du colonel Beltrame ne doit pas cacher

https://reseaulibre.org/site/2018/03/24/trebes-le-gendarme-arnaud-beltrame-est-mort/

Ce que cet acte libre et admirable ne doit pas cacher, c’est l’absence totale de stratégie anti-terroriste en France.

Les ordures de politiques, qui n’ont aucun sens de l’honneur , s’emparent de cet acte héroïque pour essayer d’endormir la réflexion rationnelle des français, dont tout le monde sent bien qu’ils ont besoin d’une « belle histoire », sous le coté émotionnel.

Là où je ne suis pas d’accord avec Aldo, c’est quand il dit « l’Etat français a offert la vie d’un de ses hommes en sacrifice »

Non! C’est Arnaud Beltrame qui a offert sa vie librement, et cet acte héroïque dépasse de loin les pauvres fonctionnaires et politiques de l’administration, qui ne peuvent rien y comprendre.

Il y a un passage extraordinaire dans le film « Nos années folles » que j’ai vu hier :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/03/24/andre-techine-nos-annees-folles-2017/

C’est quand le comte de Lauzin, à 1h05 de la vidéo, décoré pour bravoure au front, explique à Louise que « les déserteurs n’ont rien compris à l’expérience du front » et que celle ci offrait au soldat » prêt à mourir pour la Nation « une âme plus grande que la sienne » et qu’il regrette cette vie au front où il a trouvé la liberté , pour la première et seule fois de son existence, dans ce qu’il qualifie de « vie supérieure ».
Une telle vie, une telle faculté d’oublier sa vie charnelle médiocre et de l’offrir en échange de quelque chose de plus haut, une « part de Ciel » n’est pas donnée à tout le monde, notamment à ceux qui préfèrent le monde et ses plaisirs dissolvants et destructeurs au plan de l’Idée. Mais de tels hommes, qui vivent selon l’ancien code de chevalerie et aiment la guerre, existent indubitablement, pourquoi le nier ( c’est le cas de Ernst Junger)?

A la limite , cette « vie plus haute «  à laquelle ces soldats sacrifient leur vie charnelle rejoint l’expérience spirituelle, c’est à dire intellectuelle, de l’Un que vise la « Science internelle ». Mais cette expérience doit rester une expérience dans la dimension d’immanence de la conscience, et le danger est que cet « Un » soit envisagé , à la manière des sectes comme l’Islam , mais aussi comme chez Plotin, comme un « Un » Transcendant, séparé.

La fin extraordinaire de « La montagne magique » de Thomas Mann, qui se termine abruptement sur les champs de bataille de 1914, ne dit pas autre chose : c’est la découverte par Hans Castorp de ce songe « de l’Amour » c’est à dire de l’Un, à travers « la mort et la luxure du corps »:

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2016/10/22/cochetbrunschvicg-6-la-conversion-de-la-chair-a-lesprit-dans-le-temps-hermetique/

« il se vit exorcisé, sauvé, délivré, non par ses propres forces, ainsi qu’il dut le constater à sa confusion, mais expulsé par des forces élémentaires et extérieures pour qui sa délivrance était tout accessoire. Mais encore que son petit destin se perdît dans le destin général, une certaine bonté qui le visait personnellement, une cartaine justice divine par conséquent, ne s’y exprimaient elles pas malgré tout? la vie prenait elle encore une fois soin de son enfant gâté, non pas d’une manière légère, mais de cette manière grave et sévère, au sens d’une épreuve qui, dans ce cas particulier, ne signifiait peut être justement pas la vie, mais trois salves d’honneur pour lui le pécheur. Et il tomba donc à genoux, le visage et les mains levés au ciel, qui était sombre et chargé de vapeurs de soufre, mais du moins n’était plus la voûte caverneuse de la Montagne des péchés…

Où sommes nous? Qu’est ce que cela? Où nous à transportés le songe?
Crépuscule, pluie et boue, rougeur trouble du ciel incendié. Un sourd tonnerre résonne sans arrêt, emplit l’air humide, déchiré par des sifflements aigus, par des hurlements rageurs et infernaux…

…Ah, toute cette belle jeunesse avec ses sacs et ses baïonnettes, ses manteaux boueux et ses bottes ! On pourrait avec une imagination humaniste et enivrée de beauté rêver d’autres images. On pourrait se représenter cette jeunesse : menant et baignant des chevaux dans une baie, se promenant sur la grève avec la bien-aimée, les lèvres à l’oreille de la douce fiancée, ou s’apprenant avec une amicale gentillesse à tirer l’arc. Au lieu de cela, elle est couchée, le nez dans cette boue de feu. C’est une chose admirable et dont on reste confondu qu’elle s’y prête joyeusement, encore qu’en proie à a une inexprimable nostalgie de ses mères, mais ce ne devrait pas être une raison de la mettre dans cette situation.
Voici notre ami, voici Hans Castorp ! De très loin déjà nous l’avons reconnu à la barbiche qu’il s’est laissé pousser à la table des Russes ordinaires. Il brûle, transpercé par la pluie, comme les autres. Il court, les pieds alourdis par les mottes, le fusil au poing. Voyez, il marche sur la main d’un camarade tombé, sa botte cloutée enfonce cette main dans le sol marécageux criblé d’éclats de fer. C’est pourtant lui. Comment ? Il chante ? Comme on fredonne devant soi, sans le savoir, dans une excitation hébétée et sans pensée, ainsi il tire parti de son haleine entrecoupée et chantonne pour lui-même :
Ich schnitt in seine Rinde
So manches liebe Wort…
Il tombe. Non, il s’est jeté à plat ventre, parce qu’un chien infernal accourt, un grand obus brisant, un atroce pain de sucre des ténèbres. Il est étendu, le visage dans la boue fraîche, les jambes ouvertes, les pieds écartés, les talons rabattus vers la terre. Le produit d’une science devenue barbare, chargé de ce qu’il y a de pire, pénètre à trente pas de lui obliquement dans le sol comme le diable en personne, y explose avec un effroyable excès de force, et soulève à la hauteur d’une maison un jet de terre, de feu, de fer, de plomb et d’humanité morcelée. Car deux hommes étaient étendus là, c’étaient deux amis, ils s’étaient réunis dans leur détresse : à présent ils sont confondus et anéantis.

Ô honte de notre sécurité d’ombres ! Partons ! Nous n’allons pas raconter cela ! Notre ami a-t-il été touché ? Un instant il a cru l’être. Une grosse motte de terre a frappé son tibia, sans doute a-t-il eu mal, mais c’est ridicule. Il se redresse, il titube, avance en boitant, les pieds alourdis par la terre, chantant inconsciemment :
Und sei – ne Zweige rauschten Als rie – fen sie mir zu…
Et c’est ainsi que, dans la mêlée, dans la pluie, dans le crépuscule, nous le perdons de vue.
Adieu, Hans Castorp, brave enfant gâté de la vie ! Ton histoire est finie. Nous avons achevé de la conter. Elle n’a été ni brève ni longue, c’est une histoire hermétique. Nous l’avons narrée pour elle-même, non pour l’amour de toi, car tu étais simple. Mais en somme, c’était ton histoire, à toi. Puisque tu l’as vécue, tu devais sans doute avoir l’étoffe nécessaire, et nous ne renions pas la sympathie de pédagogue qu’au cours de cette histoire nous avons conçue pour toi et qui pourrait nous porter à toucher délicatement de la pointe du doigt le coin de l’œil, à la pensée que nous ne te verrons ni ne t’entendrons plus désormais.

Adieu ! Tu vas vivre maintenant, ou tomber. Tes chances sont faibles. Cette vilaine danse où tu as été entraîné durera encore quelques petites années criminelles et nous ne voudrions pas parier trop haut que tu en réchapperas. À l’avouer franchement, nous laissons assez insoucieusement cette question sans réponse.

Des aventures de la chair et de l’esprit qui ont élevé ta simplicité t’ont permis de surmonter dans l’esprit ce à quoi tu ne survivras sans doute pas dans la chair. Des instants sont venus où dans les rêves que tu gouvernais un songe d’amour a surgi pour toi, de la mort et de la luxure du corps.

De cette fête de la mort, elle aussi, de cette mauvaise fièvre qui incendie à l’entour le ciel de ce soir pluvieux, l’amour s’élèvera-t-il un jour ?

FINIS OPERIS. »

Pour l’instant ce n’est qu’un songe d’Amour , offert à une créature charnelle, soumise aux désirs de la chair et donc mortelle , à travers certaines expériences limités dans la guerre (ou le sexe ). Mais dans l’expérience spirituelle de la « Science internelle » ce ne sera plus un songe mais l’unification complète de la conscience, c’est à dire sa déification.

Les « Deux sources de la morale et de la religion » de Bergson se termine par

«  l’univers est une machine à faire des dieux « 

http://classiques.uqac.ca/classiques/bergson_henri/deux_sources_morale/deux_sources_morale.html